Le Ministre Philbert Nsengimana demande pardon pour son père bourgmestre

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 13 décembre 2016 à 04:24

Alors qu’il donnait sa communication aux 800 jeunes de la diaspora rwandaise participant dans une session ITORERO à Gabiro, le ministre de la Jeunesse et ICT a demandé pardon pour avoir eu un père ancien bourgmestre qui a participé de près ou de loin dans le génocide des Tutsi de 1994. Il s’est également reproché le fait que, tout jeune qu’il était, il n’a pu faire quoi que ce soit pour combattre ce génocide.
Le Ministre a fait cette sortie ce 12 décembre regrettant que son père, alors ancien (...)

Alors qu’il donnait sa communication aux 800 jeunes de la diaspora rwandaise participant dans une session ITORERO à Gabiro, le ministre de la Jeunesse et ICT a demandé pardon pour avoir eu un père ancien bourgmestre qui a participé de près ou de loin dans le génocide des Tutsi de 1994. Il s’est également reproché le fait que, tout jeune qu’il était, il n’a pu faire quoi que ce soit pour combattre ce génocide.

Le Ministre a fait cette sortie ce 12 décembre regrettant que son père, alors ancien bourgmestre déposé deux ans avant la période où courait le génocide n’a rien fait pour venir au secours des Tutsi qui étaient pourchassés à mort dans sa commune.

"Mon père était politicien dans le gouvernement génocidaire de 1994. Pour cela je demande pardon. Le fait que je n’ai pas eu le courage de me lever pour récuser ce que les criminels faisaient dussé-je y laisser ma vie, cela je le ressens comme un opprobre qui s’ajoute au premier", a-t-il regretté avant de manifesté profondément cette amertume :

"Quand je me remémore la scène et constate combien j’étais bien au chaud dans ma famille alors qu’un autre enfant courait de cachette en cachette (pour sauver sa vie contre les Interahamwe) et dire que je n’ai rien fait pour le secourir, je sens un poids lourd d’opprobre. Et c’est de ce profond regret que je tire la force de reconstruire ce pays qui est différent de celui des années de mon enfance", a-t-il ajouté.

Le Ministre a décrit son retour au pays venant de la brousse congolaise. Il a confié aux jeunes qui l’écoutaient attentivemment comment il a été bien accueilli à son retour, le camps de redressement auquel il a participé avant d’être réinséré dans le cursus scolaire normal qu’il a terminé avec grand succès.

Le Ministre a dit que le fait que son père a écrit une cruelle histoire, que pour cela, lui, il n’aurait pas dû bénéficier des privilèges qu’il a aujourd’hui. Pour lui, il devait répondre du mal commis par son père et par le gouvernement génocidaire de 1994...

"Un passage de la Bible dit : "Je suis un Dieu jaloux. Je punis les enfants pour les péchés commis par leurs pères." Avec ce verset biblique, je fais une relation avec l’histoire familiale. Mon Père était dirigeant en ces moments-là. Je suis né alors qu’il était bourgmestre. Il l’est resté jusqu’à mon âge de maturité, 18 ans. Je pensais que j’allais expier ses crimes. Mais cela n’a pas été ainsi. Cette faveur d’être ministre qui m’a été offerte m’a longtemps travaillé", a ajouté Philbert Nsengimana montrant que cela est déjà signe que les histoires de ségrégation ethnique c’est du passé.

"Mon père était bourgmestre au moment du génocide. Le fait que je suis ministre actuellement montre que dans ce Rwanda actuel il a égalité de chance pour tous les Rwandais", a-t-il dit recommandant aux cambistes de pratiquer les valeurs rwanaises de la solidarité, de la collaboration et de l’union de la force dans la reconstruction d’un Rwanda nouveau.


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