La question de qualité de petite facture de l’éducation versée au débat

Redigé par NDJ
Le 5 février 2018 à 01:48

La question de qualitéde basse facture de l’enseignement est une question d’actualité au Rwanda. Les instances publiques habilitées sont dans un débat ininterrompu en quête de solutions appropriées.

Pour les hauts dirigeants du Ministère de l’Education, la piste privilégiée pour résoudre la question est l’amélioration de l’hygiène dans les établissements scolaires et la mise sur pied de fermes stratégies contre les abandons scolaires, rapporte le journal en ligne Nonaha.com annonçant que du 5 au 16 février 2018, une large campagne de sensibilisation en la matière sera menée au près des parents, des élèves et des partenaires en éducation.

Enseignants débattant de la qualité de l’nseignement au Rwanda au cours de la célébration de la journée internationale de l’enseignement le 5 octobre 2016
Outre l’hygiène et les abandons scolaires, les questions de redoublement et de lutte contre la consommation de la drogue seront largement débattues.

"Il n’y a plus d’émulation dans nos écoles du fait que chaque élève est sûr d’être promu à la fin de l’année scolaire. Il faut que les stratèges et experts en éducation se penchent sur cet état de fait et qu’ils rectifient. Bien plus, les élèves menacent et battent les enseignants. Nous les enseignants pensons deux fois avant d’infliger une sanction à un fille-élève de peur qu’elles ne nous accusent de crimes que nous n’avons pas commis", a confié un enseignant sous couvert d’anonymat.

Au cours de cette journée internationale de commémoration de la qualité de l’enseignement, du 5 octobre 2016, parmi les questions qui semblent poser problème évoquées par les enseignants, l’hygiène ou les abandons scolaires n’ont pas été citées.

La question est-elle bien posée ?

"Pour mieux résoudre la question du niveau bas de qualité de l’enseignement il faut plutôt penser du côté de la qualité des prestations des enseignants qui doit aller de pair avec son état pécuniaire. Il faut bien le dire beaucoup de choses ont changé. Auparavant, dans les années 1980, il y avait beaucoup d’activités périscolaires après les cours. Selon le hobby des élèves, il y avait des clubs de français, anglais, de théâtre, de chimie-physique,... Les enseignants étaient entièrement dévoués bénévolement à leurs élèves dans ces clubs qui étaient de bons et efficaces compléments des cours appris dans la journée. Allez-y voir si aujourd’hui un enseignant comprendrait cette histoire d’encadrement périscolaire sauf s’il y est contraint", a confié à ce journaliste un Préfet des études tentant d’analyser les causes de l’effritement de la qualité de l’enseignement.

Un autre expert en éducation trouve que les autorités ministérielles posent mal la question, qu’il aurait fallu dresser une carte scolaire et changer de fond en comble le style d’enseignement qui est resté le même depuis qu’en 1995, l’éducaton a cessé d’être élitiste pour être promotionnel au Rwanda.

L’autorité publique trouve que les fonds alloués à l’éducation sont énormes pourtant un suivi manque cruellement.

"Comment peut-on demander à un enseignant la bravoure d’encadrer ses élèves dans les activités périscolaires du moment que son pouvoir d’achat ne lui permet pas d’être stable, qu’il doit, après des heures réglementaires, aller à la recherche d’un précéptorat payant. Comment peut-on demander à un professeur d’université de faire des recherches utiles à l’enseignement en général ou dans une branche déterminée au moment où il manque un peu de tout le matériel et équipement mais au delà de tout cela, il lui manque des dispositions à la recherche scientifique", a dit cet expert en Education trouvant qu’entre le monde enseignant et chercheur et le monde du business, il y a un vide communicationnel.

D’où l’urgence de la tenue des états généraux de l’éducation.


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM

Publicité