Jarama-Ngoma:Impôt locatif exigé sans sensibilisation aux méthodes productives

Redigé par NDJ
Le 3 janvier 2018 à 06:23

Les habitants de Secteur Jarama du district Ngoma en province de l’Est socialement catégorisés indigents se plaignent du fait qu’il est appliqué l’impôt locatif sur leurs propriétés. La direction du district leur rétorque que tout citoyen est tenu de payer un impôt réglementaire sur la propriété qui lui revient de droit, qu’en plus de ceci, il leur est exigé de l’exploiter.

Un certain Pascal Ndagijimana brandit des conditions de vie minables qu’il mène, que cela est assez suffisant pour être exempté d’impôt. Ses voisins qui l’ont listé dans la catégorie sociale des indigents de son village trouvent que le fait qu’on lui paye l’assurance Mutuelle de Santé est un signe patent d’indigence et donc d’exonération d’impôt.

Mais la direction de Secteur Jarama ne l’entend pas de cette oreille. Pour elle, tout citoyen propriétaire de terre doit en payer l’impôt locatif.

La veuve Vénantie Mukabutera est dans la même catégorie I comme Pascal. Elle trouve cet appel à payer son impôt locatif comme une mauvaise plaisanterie. "Le fisc me demandait 3000 francs d’impôt que je ne parvenais pas à m’acquitter et maintenant on exige de moi le paiement des arriérés. Ils ne savent pas que je dois aller à la quête d’un travail journalier pour survivre", a-t-elle dit montrant que sa pauvreté est vicieuse ou qu’elle n’est pas bien encadrée par les agronomes de secteur pour produire pour elle-même.

Assouman Uwizeyimana de la même catégorie sociale que les premiers trouve que tout simplement ils ont besoin d’un plaidoyer pour être exonérés d’impôts car ils sont listés dans la première catégorie.

Tel semble ne pas être le point de vue des autorités de secteur intransigeantes accusant néanmoins des contradictions dans la catégorisation sociale des citoyens.

"Tout propriétaire de terre si petite soit-elle doit en payer l’impôt locatif. Par contre pour ceux-là qui se plaignent brandissant leur indigence, il faudra les sensibiliser à exploiter leurs propriétés", a dit le Secrétaire Exécutif qui ne divulgue pas les moyens à utiliser pour amener ces personnes dites indigentes alors qu’elles sont encore en plein âge d’activité économique.

Fanny Kamuyumbu, la préposée au Fisc du District de Ngoma, révèle que toute propriété foncière rurale doit payer 5 francs au mètre carré et 40 francs dans les centres urbains. Par contre, pour ce qui est des espaces bâtis à usage commercial dans le secteur rural, le propriétaire payera 10 francs le mètre carré er 50 francs dans les centres urbains.

Pour cette officielle, la loi est muette pour ce qui est des catégories sociales par contre, a-t-elle dit, toute personne en difficulté de paiement de cet impôt écrit à la direction de district pour explication et demande d’exemption.

La nouvelle loi foncière, spécialement en rapport avec les impôts de district, précise que la terre cultivable d’une superficie de moins de deux hectares est exemptée d’impôt mais que celle destinée à la construction de logement ou d’espaces commerciaux des centres de négoce est imposable.

Il ressort des plaintes enregistrées par une grande opinion publique paysanne que l’idée de l’impôt sur le logement rural ou carrément sur les terres cultivables est très nouvelle, qu’elle prendra du temps à entrer dans les us et coutumes rurales.

D’aucuns observeront que la politique taxatiale dans la ruralité ne cadre pas souvent avec la faible capacité des petits fermiers agricoles qui continuent d’exploiter leurs terres comme au temps de l’économie de subsistance.

Il s’avère nécessaire un changement de mentalité qui ne peut se matérialiser qu’au cas où les pouvoirs publics canaliseraient des flux monétaires dans ces espaces oubliés.

En plus de ceci, les autorités de secteur devraient équiper leurs agronomes de moyens suffisants pour pouvoir rester dans leurs bureaux le tout petit temps nécessaire pour rédiger leurs rapports de terrain.


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