Frustrés, les clients des prostituées ?

Redigé par igihe
Le 29 décembre 2016 à 09:47

Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, démonte une idée reçue en matière de sexualité.
« À l’heure où l’on envisage de pénaliser les clients des prostituées, voici encore une idée reçue qui part d’un fantasme : les hommes seraient bouillonnants de désir et ne pourraient qu’être frustrés par des partenaires qui ne suffisent pas à les satisfaire. Ne pensons-nous pas d’ailleurs que c’est pour cette raison que la prostitution existe depuis la nuit des temps, suggérant ainsi que l’on ne pourrait (...)

Chaque mois, Catherine Blanc, sexologue et psychanalyste, démonte une idée reçue en matière de sexualité.

« À l’heure où l’on envisage de pénaliser les clients des prostituées, voici encore une idée reçue qui part d’un fantasme : les hommes seraient bouillonnants de désir et ne pourraient qu’être frustrés par des partenaires qui ne suffisent pas à les satisfaire. Ne pensons-nous pas d’ailleurs que c’est pour cette raison que la prostitution existe depuis la nuit des temps, suggérant ainsi que l’on ne pourrait en faire l’économie ?

Ajoutons une autre idée reçue qui voudrait que les hommes aient une multitude de fantasmes qu’ils n’arriveraient pas à vivre avec leur partenaire. Ou encore que la prostituée, avisée des choses sexuelles, pourrait lui en apprendre.

Mais, dans les faits, que se passe-t-il ? La professionnelle se plie rarement à toutes les fantaisies, et rien n’est plus codifié que ses prestations. Certes, toutes les postures sont possibles, mais la passe ne dure généralement que quelques minutes. N’est-ce pas plutôt dans le cadre de la relation que nous pouvons vivre une gamme étendue de jeux sexuels, grâce au temps d’élaboration, à la complicité ? Au fond, de quelle frustration parlons-nous ?

L’homme qui va voir une prostituée n’est-il pas frustré au sens d’un sentiment d’impuissance dans sa position d’homme ? Vit-il la sexualité comme potentiellement agressive et ne peut-il partager cette liberté avec une femme aimée parce qu’il aurait le sentiment de la souiller ? Craint-il le regard de sa compagne sur ses fantasmes ? Vit-il comme étouffants l’amour ou le désir de celle-ci pour chercher à extraire la sexualité de toute relation ?

Plus l’homme est inhibé, timide, inquiet quant à ce que suggère son désir, plus il est dans un manque de maîtrise de lui-même et plus sa sexualité lui apparaît non maîtrisable. Plus il est en paix, et plus son bouillonnement pulsionnel peut trouver d’autres formes (...)

avec yahoo.com


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