Comment Paul Kagame fut évacué en 1961 ; Son témoignage

Redigé par IGIHE
Le 15 juin 2017 à 03:25
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Le Président Kagame est revenu sur les divers faits qui ont marqué sa vie comme réfugié, dès son plus de quatre ans, d’où il a exprimé sa gratitude à l’une des personnes qui lui sont venues en aide lors de ces moments difficiles, Rosalie Gicanda, la dernière reine du Rwanda qui est morte récemment.

Ce témoignage est extrait du récent numéro de Jeune Afrique intitulé "Secrets de Jeunesse" No 2944. D’allure biographique, il dévoile un pan, encore inconnu sur la jeunesse de certains Chefs d’états dont Ali Bongo Ondimba, le Roi Mohammed VI du Maroc, Alpha Condé et d’autres.

En exil en Ouganda, au début des années 1970.

Si Paul Kagame a survécu aux pogroms anti-tutsis du début des années 1960, c’est en grande partie à une reine qu’il le doit. Rosalie Gicanda était la soeur de sa mère. Elle était surtout la veuve du Mwami Mutara Rudahigwa, l’avant-dernier souverain du royaume du Rwanda.

Nous sommes en 1961, peu avant l’indépendance. Paul Kagame a quatre ans lorsque les Hutus du voisinage, galvanisés par les autorités locales et coloniales, investissent la colline où vit sa famille, incendiant les maisons et violentant les Tutsis. « Ma mère nous a préparés au pire.

Elle nous a demandé de sortir car elle ne voulait pas que nous soyons capturés et tués dans la maison », témoigne-t-il. Alors que la famille se prépare à un destin funeste, un véhicule s’arrête devant la concession.

Le chauffeur remet une lettre à la mère de Paul Kagame, expliquant qu’il a reçu pour mission de la reine, qui réside à quarante-cinq minutes de là, de les ramener avec lui en cas de danger. Paul Kagame et ses proches s’engouffrent dans le véhicule alors qu’une foule menaçante, venue de la colline d’en face, atteint le seuil de leur propriété. Ils parviennent à s’échapper in extremis et rejoignent la reine à Nyanza, la capitale royale, avant de gagner la région du Mutara. Rapidement, les massacres les rattrapent, et ils doivent traverser la frontière pour s’exiler en Ouganda.

Mais en 1994, celui qui est devenu le commandant en chef du Front patriotique rwandais (FPR) ne sera pas en mesure de payer sa dette. Le 20 avril, aux premiers jours du génocide, Rosalie Gicanda, dernier symbole de la monarchie tutsie, est assassinée à Butare après avoir été exhibée dans les rues de la ville.

Le Président Kagame, louant sa mère Austeria Rutagambwa lors de ces funérailles
Vous pouvez trouver cet extrait dans 'Secrets de Jeunesse', le numéro de Jeune Afrique récemment publié

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